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Instant sublime.

    Sur tout le site, l’émoi grandissait en même que s’entendaient les paroles de la déesse Habygâ. Elle s’exprimait dans un dialecte ancien qui était oublié des humains depuis de nombreux siècles mais que l'osmose du lieu transposait mot à mot dans un langage vibratoire universel. Et puis les choses s'étaient peu à peu accélérées. L’on eut pu croire à un moment que même l’atmosphère n’était plus qu'un tourbillon de lumière. En bas, les adeptes se réjouissaient déjà virtuellement de percevoir bientôt ces saveurs d'essences sublimes et de miel, que les sens de leurs Moi charnel allaient pouvoir goûter. Tout ce qui était transmuable alentour semblait suspendu. Le temps s'était arrêté. Même l’air que l’on respirait semblait immobile. Transcendé qu’il était lui-même, par le phénomène d’aboutissement spirituel.

À leur tour, les adeptes Athsérians, qu’ils soient femme ou homme, se trouvèrent tous unis par la même symbiose. Ils étaient à présent debout. Leurs pieds ne touchaient plus la pierre des gradins. On pouvait les voir en pleine lévitation: détachés qu’ils étaient de plusieurs dizaines de centimètres par rapport au sol.

L’instant sublime se précisait. Une jouissance profonde se lisait sur les visages. Plus rien d'humain ne pouvait à présent arrêter la transfiguration du couple de prétendants. Alors, une fulgurance de lumière apparut. Elle sembla aussitôt devoir se figer. Comme si suspendue dans le ciel vierge de nuage. Habygâ se voyait à présent en elle! Resplendissante, elle irradiait maintenant comme un astre. L’on aurait pu penser que l'image de la Déesse sublimée surpassait celle du soleil qui se trouvait au-dessus d’elle, mais qu'elle éclipsait par sa silhouette. On la voyait cernée par un halo bleuté. Elle ramena ses bras à l'horizontale, ses mains toujours ouvertes avec les paumes tournées vers le ciel. Puis elle les rapprocha de façon à former un réceptacle de chair. Un flot de particules de lumière s’y déposa. Alors elle souffla dessus et l'ensemble alla précisément frapper les pierres sacrées que l'on avait déposées dans le réceptacle de porphyre. Et puis cela pénétra la colonne qui les absorba par les trois canaux. Il en résulta que cela arriva presque aussitôt en minces filets, au niveau des petits creusets judicieusement situés au bas de la colonne. Une partie des particules s’incorpora immédiatement aux échantillons disposés par Lucien. Tandis qu'une sorte de fil scintillant qui sortait autrement de l'un des canaux complexes se connectait à l'aura de Maria-Luce. Et puis, après avoir transité par les bras pour aboutir jusqu’aux mains de la déesse qui en dirigeait ses doigts vers les communiants, d'étranges particules la quittèrent pour irradier cette fois l’entour du corps de Lucien ainsi que celui de Maria, les pourvoyant à leur tour d'une aura comparable à celle que montrait la Déesse.

Ainsi fut révélée l’entéléchie!

Le principe métaphysique qui détermine un être à une existence définie supérieure, avait été obtenu!

 

 



04/12/2017
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