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Extrait 5 du chapitre 41

   La grande table de chêne qui trônait dans la salle où Henry introduisit Néphysthéo, était couverte de mets que l'on avait servis dans des plats de porcelaine blanche joliment ornée d'enluminures paléographiques. Lesquelles étaient produites à partir d'émaux de couleur, d'or et d'agent. Le grand lustre qui diffusait la lumière immaculée de ses quartzites les faisait étinceler à l'unisson des cristaux verriers et des couverts d'argent. Rehaussant du même coup certains détails d'une magnifique tapisserie d'Aubusson. De même que cela égayait la fibre laineuse du magnifique tapis Point-de-Sedan recouvrant généreusement ce qui du dallage sous la table, se trouvait insuffisamment tempéré par le feu amène crépitant pourtant généreusement et joyeusement dans la vaste cheminée ardennaise.

 

Quand le jeune ange dieu leur fut présenté, Habygâ avait alors quitté si rapidement la lourde chaise sur laquelle elle se trouvait assise que Gabryel dû en attraper le dossier à la volée pour éviter qu'elle ne se brise en tombant de la sorte. Alors que la blonde déesse, n'y tenant plus de l'attendre, se ruait littéralement sur son prétendant qu'elle embrassa fougueusement devant ses parents interloqués par tant d'impatience, mais ravis de contempler le joli tableau que faisaient voir de si belle façon les deux amoureux.

– Voyons ma fille, crois-tu qu'il soit bien raisonnable de se comporter ainsi ? La tempérait tout de même Athénéïse, d'une voix qui s'entendait pourtant troublée par l'émotion qu'elle ne savait cacher.

– Pardonnez-moi ma mère… Et aussi vous tous ici: je prie de m'excuser… Mais il se fait que je l'aime tant !

– Décidément, cette maison voit beaucoup de ce qui fait la force d'amour, n'est-il pas ma Mie? Disait cette fois Gabryel, qui tout en remettant la chaise en place, glissait un regard complice à l'intention de son épouse, lui confiant à voix haute, afin que tous l'entendent dans la bonne humeur et la raison:

– Il me semble que le protocole, s'il reste important chez les dieux comme aussi chez les humains, reste néanmoins susceptible d'assouplissement, car même s'il peut être nécessaire pour marque de respect civique, il convient de tempérer cela dans sa maison si l'on souhaite la rendre d'allure plus conviviale, et ce, notamment, en de telles circonstances si agréables.

Alors, comme cela fut entendu, le reste s'enchaîna comme seuls savent le provoquer par nature les amants. Et c'est ainsi que l'on avait pu voir Néphysthéo tomber à genoux pour la seconde fois devant les pieds de sa reine alors qu'autant que lui elle pleurait des larmes d'amour et de joie mélangés. Et puis Habygâ avait offert sa main pour inviter son prince à se relever. Et ils s'étaient étreints de nouveau. En montrant la même ferveur qui faisait plaisir à voir. Malgré que l'on ait pu croire à ce moment qu'ils faisaient comme s'ils étaient seuls au monde…



12/01/2017
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