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Une fontaine digne de ce nom...

      Honorant au mieux l’intervention de Marie, laquelle avait abouti par la matérialisation du cadeau de la déesse Maria-Luce, Maria et Lucien s'étaient très vite révélés pour être à la fois d'assez bons jardiniers et d'habiles bâtisseurs. Cela leur avait pris l'essentiel de leur temps, mais le résultat, bien que parfaitement rustique, en valait la peine!

Tout d'abord, pour construire une fontaine digne de ce nom: il avait fallu trouver de beaux blocs de pierre aux arêtes régulières; ce qu'ils avaient obtenu en fouillant dans l'ancienne carrière. Et bien que disposant d'assez peu de mortier pour les assembler, c'est en soignant aussi leur ajutage qu'ils étaient parvenus à suffisamment d'étanchéité pour que la nature, bienveillante à leur égard, ait accepté de faire le reste. Le transport et la manipulation des plus grosses pierres avaient été assurés par le retour complice du puissant robot auquel le poète avait su redonner vie. Ils auraient pu très certainement se contenter d'un seul modeste bac de stockage, mais au lieu de cela, à force d'améliorations et de courage, ils avaient fini par obtenir une véritable œuvre d'art, certes un peu baroque, mais vraiment fonctionnelle! Et même si l'aspect général qui fut obtenu de l'installation hydraulique faisait moins penser à celle préservée du parc du château de Versailles, qu'aux œuvres insolites d'un certain facteur Cheval… ça restait assez monumental. L'ensemble étagé ne comportait pas moins de sept bassins! Le premier déversant son trop-plein dans trois larges vasques intermédiaires, constituant une sorte de trèfle de pierre alimentant à son tour, les trois grands bassins de la base.

En mettant à profit le remplissage de chaque nuit, ils disposaient là d’une réserve dans laquelle ils allaient certainement pouvoir puiser de l'eau toute la semaine sans discontinuer! Et ils n'avaient pas failli davantage dans l'extension de leur jardin botanique, qu'ils avaient même prolongé par un grand potager. Lui-même jouxtant un splendide verger planté de jeunes fruitiers rapportés des serres de la ville. Et comme si cela ne leur suffisait pas: à force de généreux arrosages des arbres proches, qui leur paraissait les moins mal en point, ils avaient créé une sorte de mail qui s'avançait chaque jour d'avantage au sein de la forêt environnante, et que la féerie de l'eau vivifiait peu à peu, telle une amante gourmande. Alors cela se régénérant si joliment, le résultat les inspira l'un l'autre pour l'écriture contemporaine de quelques vers libres:

Ma mie:

Voici que pénétrante entité pour d'autres enracinées,

Une belle est tombée de nues issues d’océans délavés,

Pour donner de sa prodigalité joyeuse en jardin magnifié.

Or, plus elle offre de son sang à la terre pour l'irriguer:

Davantage, le ventre féerique sublime la mouillante évadée.

 

Si fait mon chéri…

La nature est une Grande Dame qui se consacre pour pure égérie.

Tandis que dans ses eaux se mirent d’autres charmes et fééries

Qui se boivent par les yeux, comme on fête une belle alanguie:

Baigneuse bleue, qui va d'un bassin étroit vers d'autres élargis

Et culbute en tourbillons d’âme, comme poissons d'argent éblouis.

 

Pour nous…

L'onde est une précieuse, faite de perles ornant des veines d’argile.

Sereine après furieuse, elle abonde de sa prime fraîcheur et gracile,

Nous abreuve par ce qui fait jaillir la vie dans ce jardin tranquille,

Au cœur des vivaces exultant partout en fleurs tandis que se faufilent,

Quelques insectes qui ressuscités des dieux vont parmi l'herbe agile.

Mon amour, avait ajouté Lucien, après qu'il eut tendrement embrassé Maria: nous devrions montrer tout cela à Natan… je pense qu'il en tirerait grand plaisir.

Cela faisait bien longtemps en fait, que le poète n'était pas retourné dans le laboratoire de physique-chimie. Il avait revu plusieurs fois ses parents… À l'occasion… Quand un besoin dépendait de la ville. Mais il ignorait si son vieil ami le professeur y proposait toujours ses enseignements. Lucien pensait que l'homme intègre qu'il se rappelait avoir connu, serait apte à admettre une réalité de cette sorte dont il avait parlé en premier à sa mère: à savoir une oasis à ciel ouvert, réputée impensable sur la planète autrement qu'abritée sous des matières translucides. C'est pourquoi il souhaitait montrer leur réalisation à ces trois personnes et quelques uns de leurs amis en premier. Avant de tenter d'en persuader d'autres qu'elles pouvaient en faire autant.

¤

 

 



10/03/2018
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