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Dans l'attente d'un consentement?

   Le poète allait mal: sa conscience se délitait doucement, et l'image qu'il attendait des étoiles se dégradait peu-à-peu… Ses yeux étaient pourtant grands ouverts… Mais ils ne verraient bientôt plus rien…

Semblant venir de l'au-delà, une onde étrange parcourut son cortex. Alors Lucien consentit en pensée, d'aller vers une lumière perçant le lointain d'une brume mouvante… Laquelle se concevant en subconscience. C'était comme un vaporeux linceul de particules irisées. Cela se proposant pour habiller de douceur son corps de gisant. Il crut y distinguer des visages connus et inconnus. De leurs bouches entrouvertes, seules les lèvres frémissaient à peine. Elles formaient des bribes de phrases. Ça n'était pourtant que de vagues assemblages de mots transparents qui étaient inaudibles.

« – La mort se comporte comme la vie, émit l'esprit du poète en s'éloignant: c'est une lente agonie… Elle commence dès la naissance de l'être. Niant jusqu'à sa propre réalité… Alors, à quoi bon lui résister si après avoir existé il ne reste rien de l'existant. Sinon que quelques souvenirs-poussière, lesquels se perdront bientôt parmi d'autres poussières? »

« – Je suis la lumière de vérité fit une autre voix "muette" que pouvait "entendre" l'inconscient du poète. Elle s'exprimait par-delà le brouillard vivant qui s'insinuait jusque dans le cerveau du mourant... »

 

 

Au dehors, même le ciel semblait si tristement plombé, que ses premières larmes de pluie, longtemps retenues, commençaient à mouiller ce qui de la verte forêt avait repris droit et existence.

Il y eut un éclair, il y eut le tonnerre. Et puis l'averse s'intensifia. Avalant littéralement la caverne déjà masquée par le grand rideau de lierre ressuscité.

L'eau thermale de la fontaine offrait grands tous ses bassins. Sans doute pour mieux accueillir celle venant du ciel. De même que les jardins d'ornement la buvaient goulûment. Seul le potager, que le poète fatigué avait peu à peu négligé, cédait moins de son terrain à l'ondée...

Comme pour remercier de l'aubaine, qui ne manquerait pas de réveiller tout à l’heure vers et mollusques. S’admettant aussi que reviendra le jour: le chant de quelques merles s'imposera certainement. Ceux-là se montrant à leur manière, plutôt enjoués, malgré leur habit de deuil, car manifestement enchantés par la nature en plein renouveau.

 

Mais pour le moment c'était encore la nuit. Une nuit devenue de plus en plus sombre. Un épais brouillard avait remplacé la pluie. Lorsqu'un léger bruit s'était fait entendre du côté des jardins: Maria, pour qui plus rien ne saurait exorciser la douleur, s'était prise à espérer encore. Mais, assurément, le dieu ange photon, en qui elle avait placé ce qui lui restait d'espoir, s'en était allé trop loin de la terre… Il reviendrait sans doute, mais quand… et à quoi bon si cela s'avère trop tardif?

Le souffle du poète n'était plus qu'un vague échange d'air qui se percevait de plus en plus faible.

Il s'en va, laissa entendre Habygâ. Et dire je n'y puis rien changer.

Aucun Ange-dieu de lumière, aucune déesse, aussi puissante soit-elle, n'a le pouvoir d'interférer sur la destinée humaine confirma Gabryel. Du moins, pas sans obtenir au préalable le consentement du Très-Haut de lumière.

¤

 



21/04/2018
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